26 août 2009
Introduction : Doudou
Est-on amoureux quand on est incapable de se décoller l'un de l'autre ne serais-ce que quelques instants ? Est-on amoureux quand le simple contact de sa peau vous donne des frissons ? Et qu'en est-il quand on est capable de faire l'école buissonnière 1 journée au boulot parce que partir est inconcevable ?
Je lui ai dit les mots magiques aujourd'hui et il n'a pas fui. Où était-il tout au long de ces longues années quand je le cherchais. La flamme est allumée et je ne veux pas imaginer qu'elle puisse s'éteindre.
Je me sent triste maintenant qu'il est reparti dans le train en direction de sa lointaine banlieue. L'espoir qu'il revienne demain soir est à peine tenable parce que cela signifie 24 heures sans lui dans mes bras. Ô bien sûr que nous allons passer encore de longues heures au téléphone d'ici là, mais un téléphone ça manque de peau, d'yeux, de carresses.
Je t'aime mon doudou. Je veux encore ton rire et tes baisers.
25 août 2009
Je rêve que tu me le dise
A découvrir absolument. Pour info, Rihanna à également repris cette chanson cet été.
11 juin 2009
Juste une mise au point sur les plus belles histoires de ma nuit
Comme je le disais un peu plus tôt dans la journée, je me dois de faire une mise au point sur le message précédent. Pour la facilité de la chose, nous appelerons ce monsieur C.
C. donc. Nous nous sommes vu lundi soir dans un endroit "neutre" et ça nous a permis de discuter et donc pour moi de commencer à le découvrir. Il est vrai que pour moi, les choses étaient allées un peu vite sur le net, mais rien d'alarmant. Comme je le disais hier, j'ai découvert un homme ayant un charme indéniable et beaucoup de choses à dire même si la communication était par essence difficile. Mais j'ai été attiré physiquement, c'est vrai, mais pas que... par sa patience, par la douceur, sa gentillesse et un espèce de je ne sais quoi.
La soirée (ou plutôt devrais-je dire la nuit) de mardi était prévue, c'est vrai, mais rien n'était gravé dans le marbre. J'en ai eu envie de cette soirée, pour être avec lui, pour qu'il me serre dans ses bras et aussi pourquoi pas pour des choses plus... intimes.
Et effectivement, il est arrivé chez moi. Nous ne nous sommes pas jetté dessus comme des bêtes, les choses ont été en douceur. Il m'a fait ressentir tout un tas de choses dont je rêve depuis longtemps. Mais en même temps, j'ai appris une somme de choses le concernant que je ne suis pas sûr de pouvoir assumer sur le long terme. Je sais que je n'ai pas à assumer SON histoire, c'est vrai, mais pour envisager une vie à 2, il faut faire la somme des 2 justement et donc de leurs histoires. Et son passé est très lourd. Quand je parlais de stigmates, ce n'était pas une image, il est physiquement très marqué par son passé. Et encore une fois je ne suis pas sur de pouvoir facilement envidager du long voire moyen terme avec C. A ça s'ajoute la distance. Cette distance qui par elle même definissait cette rencontre comme sans promesse. En tout cas de mon côté. Visiblement, lui est bien plus accroché que moi.
Maintenant, suite à notre moment ensemble, je me pose certaines questions : il m'a vraiment offert quelque chose que je recherchais depuis longtemps, j'ai vraiment aimé la personne,... maintenant, je sais qu'il y a une part de compassion pour lui au milieu de tout ça, mais je ne sais pas quelle est cette part.
Donc, je suis perdu au milieu de tout ça : un certain attachement à lui, une compassion envahissante et une assez grosse peur envers son histoire et ses conséquences. Il est vrai qu'au bout du compte, j'ai bien envie de le revoir, mais je ne suis pas sûr d'être capable de supporter les handicaps qu'il a subit. C'est la raiso pour laquelle je me sent monstreux : je ne sais pas si je suis capable de dépasser son aspect et m'accrocher à la personne alors qu'il me semble que la personne le mérite ! oui, je suis complètement paumé dans tous ces sentiments !
Maintenant, si j'arrive à faire la part des choses, il est clair que je ne le laisserai pas espérer des choses que je ne peux pas lui apporter. J'ai déjà subit la lâcheté des autres, je n'ai pas envie de lui imposer la mienne parce qu'il ne le mérite surtout pas.
08 mai 2009
Et dans la douleur, tu sera fort !
Houla, ce que ça fait longtemps que j'ai pas écrit ! je vais essayer d'y remédier.
Ca fait déjà une semaine ! comme ça passe vite. A cette heure ci la semaine dernière j'étais au soleil sur une terrasse dans le sud de la France en train de me remettre de mon semi-marathon en compagnie de mes camarades de douleur et néanmoins collègues.
C'est qu'il faisait beau et chaud là bas. Au moins 25 degrés et un ciel sans aucun nuage, on se serait cru en vacances. Mais pas de doute, les jambes lourdes et fatiguées, les pieds douloureux même dans des tongs, c'était bien un repas d'après course plus qu'un déjeuner entre amis.
Lever : 6h34 ! j'aurai dû faire 6h30 ou 6h35, je sais bien mais je suis comme ça, je ne suis pas du matin et ne pas mettre mon réveil à sonner sur un chiffre rond, ca me donne l'impression de dormir un peu plus. J'ai pas très bien dormi : on s'était couché un peu tard : 1H00 du matin. En gros c'est la même heure que d'habitude, mais vu qu'on était à la veille d'une épreuve, ça pouvait être préjudiciable pour la course ! Et la traditionnelle Pasta Party d'avant course, on l'a pris un peu trop tard. Encore une fois, c'est normal, on est arrivé à la gare vers 21h30. Surtout, il faisait trop chaud dans la chambre. Je ne pouvais pas ouvrir la fenêtre à cause du bruit de la route mais dès que je fermais, il faisait trop chaud et pour dormir c'était pas très agréable.
Mais tout ça, c'est pas grave, je me réveille sans trop de difficultés et en moins de 5 minutes, je me nipe de mes vêtements d'hier. Je m'habillerai pour la course tout à l'heure. Pour le moment petit déjeuner très léger et surtout très rapide parce qu'à 7h00, je dois avoir fini pour ne plus être en digestion au début de la course. Donc 15 centimètres de pain, un peu de confiture dans un petit bol de chocolat. Un petit-déj' comme ça, c'est vraiment le minimum syndical : d'habitude, c'est plus 1/2 baguette avec beurre ET confiture ! mais là, je ne dois pas m'allourdir trop pour la course.
C'est mon premier semi-marathon de course à pied, je n'en ai jamais fait. En vérité, c'est même ma première course à pied tout court. Je suis un peu nerveux quand même. J'ai répété à qui voulais l'entendre que j'y allais avec des objectifs clairs, une motivation sans faille et que je savais déjà que j'allais le finir, même si je devais le finir à genoux. Mais il y a un grand décallage entre ce qu'on dit et ce qu'il faut réaliser ensuite. Je n'ai commencé mon entrainement (sérieux en tout cas) que depuis 3 grosses semaines. 3 fois par semaine aller courrir au moins 1 heure, faire un pas puis un autre et un de plus encore pour réussir à avaler des kilomètres. Le plus que j'ai fait pendant mes entraînements c'est 15 et du coup, je suis encore loin de ce que je vais devoir réaliser aujourd'hui : 21,1 km. D'où les doutes. Mais le moral et la motivation sont bien là, heureusement.
Le petit déjeuner avalé, je retourne dans ma chambre pour me préparer. On s'est donné rendez-vous devant l'hôtel à 7h30. J'ai le temps, je prends vite fait une petite douche un peu tiède pour me réveiller. Puis je m'habille. Je vais porter les couleurs de mon club de roller sur une course à pied. Ca me donne une certaine fierté de porter ce rose fuschia et noir pour courrir. Au moins, je ne porte pas le bleu de la société, et ça c'est un vrai bonheur. Comme dit l'autre "chaussettes, chaussures, toujours dans le même ordre" mais avec une petite seconde peau à certains endroits pour éviter les ampoules. Et hop direction le hall de l'hôtel pour récupérer les dossards et partir au départ de la course.
17 avril 2009
Message personnel
Je tiens à remercier mes chers amis, les Chevaliers de l'Ordre de la Craviette grâce à qui j'ai passé mercredi soir une excellente soirée. Ca fait longtemps que j'avais pas ri comme ça. Ce fut une soirée comme vous Messieurs : extraordinaire !
03 mars 2009
Qu’ont en commun Harry Potter et Aragorn ? ils sont tous les deux Normands
Et ben mes aïeux, voilà un week-end que j’oublierais pas de sitôt. Pour fêter la fin de nos contrats (même si finalement, je continue encore un peu), la mort de notre société et tout et tout, E., son mari et moi sommes allés dans leur maison de campagne histoire de nous changer les idées.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant dormi en si peu de temps. Départ vendredi soir après une journée entre collègue pour fêter le départ de E., de ma collègue S. qui fini dans une semaine, de mon collègue S. qui devait finir vendredi mais qui est finalement prolongé 1 mois et de moi-même qui devais finir vendredi mais qui suis prolongé 4 mois. On s’est fait un grand repas entre nous, chacun de nous 4 s’était occupé d’une partie du repas et pour le gros de la bouffe, c’était pizza à volonté. J’ai passé mon jeudi soir à faire mon gâteau aux carottes devant Retour vers le futur 3 (et quand j’y repense, j’ai l’impression que c’est y’a 2 mois).
J’étais heureux de les voir tous (ou presque) ici et j’ai réalisé à quel point ça va me manquer quand je ne ferais plus parti de cette famille. Oui, cette fois-ci c’est fini et bien fini, on ne reconstruira plus jamais cet amalgame, cette symbiose. Ils ont vraiment gâché une belle aventure qui durait depuis longtemps.
Donc départ pour la Normandie. En y repensant, ça faisait bien 3 ou 4 ans que je n’y étais pas allé et ça me manquait. Ce qui m’y plait ? le calme et la simplicité de la vie pendant ces vacances : on se lève à l’heure que l’on souhaite, on petit-déjeune d’un chocolat du lait de la ferme d’à côté, on mange si on en a envie, on lit, on dors, on joue,… on va se coucher tôt ou tard, la télé ne fait pas partie du programme, la radio est allumée à toute heure, la cheminée rythme la journée, la soirée, la nuit, la température, la convivialité. Quelle que soit la température ou la météo dehors, le temps y coule trop vite mais très bien.
E. s’était rappelée ma requête : je lui avais demandé si a une occasion où je passais le week-end là bas, elle pouvait me refaire visiter le Mont St Michel. Je l’avais déjà visité, mais malheureusement, j’avais alors 5 ou 6 ans et je ne me le rappelais plus. Ils m’y ont donc emmené dimanche. La météo n’était pas vraiment de la partie : gris, brumeux et venteux, mais c’est un endroit magnifique et dont il me semblait me souvenir de quelques détails.
L’ambiance Moyenâgeuse des rues et bâtiments m’a immédiatement plongé en plein Diagon Alley (heu le chemin de Traverse si ma mémoire est bonne) dans Harry Potter. Les petites rues serrées où se précipite une foule de gens emmitouflés dans des manteaux, ça parle fort, ça ri, ça se croise,… les maisons et boutiques de guingois, les ruelles et recoins labyrinthiques, j’étais à deux doigts d’entrer dans une boutique pour demander un chaudron taille standard ou le livre des sortilèges première année.
Et nous avons grimpé (et c’est pas peu dire, j’ai du filer un grand coup de main à E. pour monter tous les escaliers parce qu’elle avait du mal, il s’en est fallu de peu que je sorte la corde pour éviter qu’elle ne bascule dans le vide). Arrivé en haut, nous voilà devant l’entrée de l’abbaye et surtout devant un panneau providentiel : la visite de l’abbaye est gratuite tous les premiers dimanches des mois de novembre à mars et justement, on, on était le 1er mars ! Donc nous voilà à l’assaut du grand escalier menant sur l’esplanade de l’abbaye. Après Harry Potter, c’est Aragorn qui s’est imposé à moi : en rentrant dans la vaste salle de culte, j’étais projeté dans la salle du trône de la cité blanche du Gondor. Je n’avais qu’une envie, m’assoire devant la nef et rester ici à simplement ressentir le clame et le recueillement qui émane du lieu. L’impression de me retrouver en haut de l’arrête de Minas Tirith s’est encore renforcé lorsque nous sommes sortis sur la terrasse ouest. Et les rapprochements ont été nombreux : la salle des chevaliers aux imposantes colonnes, le réfectoire des moines avec son toit voûté et ses fenêtres cachés, le cloître dans lequel j’ai retrouvé un goût de Fontcombe. C’est dans le cloître que j’ai eu le plus fortement une impression de décalage : ce lieu qui était autrefois réservé au silence, à la méditation et au calme n’est plus aujourd’hui hanté que par les bruits d’enfants qui crient, des appareils photos et des talons. Un peu comme si je m’étais glissé dans la peau d’un moine de l’époque (à moins que ça n’ai été l’inverse), j’ai trouvé dommage que le mercantilisme ait pris la place de la spiritualité.
J’en ressort tout le même avec de belles images dans la tête et finalement peu de photos, parce qu’elle ne pourrait pas rendre le conflit de sentiments qui m’a traversé tout au long de la visite, entre émerveillement, recueillement, déception. C’est bête à dire, mais j’ai l’impression que les pierres m’ont parlé et m’ont délivré une partie du message que les anciens occupants avaient laissé là. Ca peut paraître très crétin, du grand n’importe quoi ou une belle figure de style, mais l’expérience que j’ai vécu ce matin ne peut que me confirmer cette impression.
Pourquoi je dis ça ? ben parce que ce matin (lundi donc), E. et son mari avaient besoin de faire une petite course à St Lo et m’ont proposé de les accompagner. Après avoir fait ce que nous avions à y faire, direction le centre ville pour une petite visite. St Lo a été une des premières villes du débarquement et a surtout fait l’objet d’énormément de bombardements et a été presque entièrement détruite. Tout y a été reconstruit à la hâte, les bâtiments et l’ambiance générale de la ville en sont bien marqué et je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir vu une belle ville. J’ai surtout vu une ville triste, marquée par l’histoire, les atrocités d’une guerre et la désolation que cela peut laisser.
Le summum a été atteint lorsque nous avons visité l’église de St Lo. Nous sommes arrivés par l’arrière et P. (le mari de E.) m’a expliqué que partout sur les murs de l’Eglise, on pouvait voir les traces laissées par les impacts de balle. Arrivé sur le parvis, premier choc : la devanture a été reconstruite entre les ruines qui ne s’étaient pas écroulées. On voit clairement que l’édifice avait été totalement éventré et des 2 clochers on n’en devine plus qu’un, le deuxième étant trop parcellaire pour vraiment être reconnaissable. Les portes étaient fermées devant. Donc nous voila partis sur le côté et un petite porte dérobée était restée ouverte, certainement pour laisser rentrer les habitués des lieux.
L’Eglise était totalement vide et j’ai été tout de suite assailli par une impression de malaise. Je suis généralement saisi d’une sensation de calme, de recueillement dans les lieus de spiritualité ou l’histoire comme les églises ou les châteaux forts,… Ici, c’est totalement l’inverse, je ne me sens pas bien, je suis rapidement frigorifié, écrasé par le poids d’une histoire trop douloureuse. Nous faisons un tour dans l’Eglise et des photos anciennes m’informent qu’effectivement, le bâtiment n’était plus que ruines à la libération, P. me parle du film Le jour le plus long tourné dans ce lieu même et retraçant la vie et surtout la mort de beaucoup de gens. Les impacts sont toujours là, où que le regard se pose, les traces de destruction, le silence étourdissant. Presque à la fin du tour, je n’en peux plus, je suis assailli de toute part, je sens le poids des victimes sur mes épaules, les larmes me montent aux yeux, je ne peux pas rester plus longtemps ici, je dois sortir. E. me propose d’aller m’assoire sur un banc, je lui explique que je sors. Elle me prévient qu’on sortira de l’autre côté, mais non je ne peux pas, je ne peux pas attendre plus, je dois sortir et vite, je suis à un cheveu de fondre en larme, je manque d’air. E. me dit quelque chose, je ne l’écoute déjà plus, il devient presque vital pour moi de sortir, la porte est juste là.
Je sors.
En une seconde, dès que je suis dehors, la sensation de désespoir total, les larmes qui me montaient, le froid qui me mordait, tout disparaît en une seconde. Je respire. Je fais le tour de l’Eglise et j’attends quelques secondes avant que E. et P. ne sortent par une autre porte. Je les rejoins et leur sers un simple « il fallait que je sorte, je n’étais pas bien à l’intérieur ». Pendant que P. s’en amuse, E. me répond d’un simple « ça arrive parfois, mais c’est souvent les enfants ». Les pierres m’ont parlé ? peut-être, certainement. En tout cas, dans cette église, les fantômes du passé sont venus me hanter. L’impression est terrifiante. Je ne pense pas que je remettrais les pieds dans cette ville et encore moins dans cette Eglise.
Le rapprochement est très hasardeux, mais je crois que j’ai compris l’effet que les Détraqueurs de Harry Potter pouvaient avoir.
Bon à part ça, la journée c’est poursuivie autour d’un mon Phô maison, et une excellente sieste avant de revenir aux pénates. Je suis déjà triste d’être parti et j’attends déjà de pouvoir y revenir.
25 février 2009
Ca y est, c'est fait !
Je suis tonton d'un magnifique petit garçon né hier soir à 23h40. Une seule remarque à faire : les fauteuils de salles d'attente d'hôpital sont inconfortables.
24 février 2009
Un rêve !
L'autre soir j’ai pris le RER à Châtelet. En attendant qu’il arrive, j’ai voulu m’asseoir et en remontant le quai, j’ai avisé 2 personnes assises sur des sièges contigüs qui avaient plus ou moins l’air de faire mine de se lever mais pas vraiment décidés. Je regarde donc le mec voir si il va se lever pour prendre sa place. Un petit nounours pas trop laid, mais sans plus. Voyant que finalement, ni l’un ni l’autre n’avait réellement l’air de se lever, je suis resté là, devant les 2 à attendre le train et à jouer à ma console.
Visiblement, lui a pris ça pour un appel du pied de ma part, parce qu’il a eu l’air de me regarder comme si je venais de lui afficher un panneau « j’ai envie de toi ». J’ai tout de suite compris ce qui se passait. Mais, pour vérifier si je ne me trompais pas, j’ai décidé de jouer le jeu. Je l’ai regardé 1 fois ou 2 par micro coups d’œil, juste pour 1- essayer de pousser le jeu un peu plus loin et 2- voir jusqu’où ça irait.
Il avait l’air très intéressé. Sur ce, mon RER arrive et Oh ! étrange coïncidence, il prends le même que moi. Donc, si il faut jouer, autant mener le jeu jusqu’au bout voir si ça marche. Il rentre dans le wagon et s’installe à un siège libre. Je m’installe non pas juste en face de lui mais en décallé. Un troisième s’installe juste en face de moi. Je me concentre sur ma console ou en tout cas je le simule consciencieusement. Et je profite de chaque micro-pose dans le jeu pour lever le nez et prendre un aperçu de l’évolution de la situation. Et à chaque fois, il est en train de me regarder. Il détourne le regard aussitôt ou presque, ce qui me laisse juste le temps 1 fois d’esquisser un rictus de micro sourire. « Oui, je t’ai vu, j’ai compris ton manège et j’y souscrit ». Est-ce que je me fais un gros cinéma dans ma tête avec le son et la couleur ? j’en doute mais il vaux mieux rester prudent.
Je m’arrange à chaque instant pour essayer de lui faire comprendre que je suis toujours là même si mes yeux ne quittent pas la console et j’ai pleine conscience de lui en même temps. Je sent qu’il est plus que troublé, qu’il aimerai bien que je regarde plus pour être sûr que lui ne s’est pas trompé sur mes intentions. C’est si facile de coller aux autres les envies que l’on a parce qu’il se gratte la tête, qu’elle fait glisser son sac le long de sa jupe… on donne un sens à des signes, des gestes que l’on a envie de voir alors que ce ne sont que des gestes. Mais justement, ce n’est pas une séduction par le regard, ce n’est pas un dragage ouvert. J’y vais à petits coups de pression successifs du genre fait toi plein d’idées, je te les confirmerai quand j’en ai envie. C'est trouble et excitant.
Puis vient le temps où je suis allé fouiller dans mon sac pour y trouver un stylo et un morceau de papier. A la fois discrètement comme si je notais une idée qui viens de me passer par la tête et ostensiblement pour qui le regarderai avec une question en tête, je jette mon prénom et mon numéro de téléphone sur le papier. J’arrache la missive secrète et la garde en main pour une occasion plus tardive si elle devait se présenter. Puis à nouveau la console. Il est en train de se passer quelque chose là, au nez et à la barbe de tout ce monde dont la plupart ne verrais pas ça du meilleur œil. La tension monte. Le contact du genou vient de lui. Je ne me retire pas, je ne renforce pas ce contact non plus pour le moment. Je boucle la console, me frotte les yeux et fais surtout très attention de ne plus le regarder.
Il bouge sa jambe ce qui fait que nos mollets se frôlent. Avec une nonchalance étudiée, j’étends un peu ma jambe ce qui fait que le contact est plus franc. Je le sent un peu plus sûr de lui, il est ferré. A tout moment, je peux briser le contact ce qui mettrait un terme au jeu. Je le sent imperceptiblement frotter sa jambe contre la mienne, il me sollicite toujours du regard, je ne lui réponds que par toutes petites touches. Je n’ai pas besoin de le regarder pour savoir qu’il me regarde, je sent ses yeux sur moi.
Il sort un livre d’un de ses sacs et prends un crayon à papier. Il scribouille quelque chose et déchire un morceau de la dernière feuille de son livre. Les stations défilent, il ne descends toujours pas. Me suit-il ? ou habite t-il vraiment aussi loin ? Je regarde où nous en sommes sur la ligne et jète un coup d’œil sur le plan au dessus de la porte. Je compte discrètement sur mes doigts. 1, 2, 3. Plus que 3 stations avant de descendre. Je me retourne, il a compris. A la station suivante, le 3ème sur notre groupe de siège descends. En une seconde, sans se concerter, sans se regarder, nos mains descendent au niveau des sièges et remontent. L’échange des numéros de téléphone aura duré moins d’un battement de cil et personne dans le wagon n’aurait pu dire ce qui viens de se passer entre ces deux inconnus qui ne se sont pas adressés un mot et à peine quelques regards furtifs.
Il range le papier dans sa poche, moi dans mon agenda, nous connaissons maintenant nos prénoms.
Il regroupe ses sacs, il va descendre. Je regarde en face de moi, il me fait signe « on se téléphone juste après ? » dans ses mains, je hoche la tête aussi peu que possible. Il se lève et passe devant moi. Nous échangeons alors dans un murmure « à tout de suite ! ». Il est sorti.
Je suis excité par ce jeu de séduction parce que la vue n’a qu’à peine été sollicitée, la parole pas du tout. La tension qui était à son comble quelques instants auparavant ne se dissipe qu’à peine avec la descente de cet inconnu. Je ne pense pas avoir initié volontairement quoi que ce soit, tout est parti d’un malentendu et pourtant je me retrouve avec un numéro de téléphone en poche.
Le RER rentre dans le tunnel de ma station. Je sors du wagon, du souterrain, de la gare. « Vous avez 1 nouveau message. Reçu aujourd’hui à 22h54 : salut c’est moi, tu as de beaux yeux. Je ne suis là que pour le week-end on se vois demain soir ? Rappelle moi s’il te plait. »
Je sourie de l’audace dont j’ai fais preuve dans cette affaire. Hélène, je pense à toi, c’est toi qui t’est exprimée à travers moi ce soir. Je le rappelle. A demain soir… sauf si !
17 février 2009
Ecrit à 3h00 cette nuit
C’est parfois simplement évident. Je viens de le quitter et j’aurai aimé ne pas avoir à partir. Je suis seul dans mon lit alors que je devrais être encore dans ses bras.
Pourquoi faut-il qu’il habite si loin ? pourquoi faut-il qu’il est tant d’années de plus que moi ? pourquoi faut-il qu’il ne soit pas exactement comme je l’aurai souhaité ? pourquoi faut-il que ce soit maintenant ? et par dessus tout, pourquoi toutes ces questions n’ont-elles aucune importance ?
Ce moment était tout simplement magnifique et même magique. Nous avons discuté pendant longtemps, il m’a même presque un peu saoulé de paroles, enivré de sa voix. Il a une voix tellement belle que j’avais envie de le faire se taire. Il avait une voix tellement agréable que je ne pensais plus qu’à l’embrasser pour qu’il arrête de parler.
Et je lui ai demandé si il avait envie de me revoir. J’ai rarement vu une réponse aussi franche, claire et limpide. Il avait bien compris que je n’étais pas su le départ, où plutôt sur le départ pour autre chose.
Il a la peau si douce que je n’ai pu m’empêcher de le caresser doucement, tout doucement pendant 2 heures. Il a la peau si douce que je ne pouvais l’effleurer qu’avec l’extrême pulpe de mes doigts de peur de lui faire mal. Il a la peau tellement douce que j’ai dû me blottir contre lui pour profiter de sa chaleur.
C’était tellement évident que je ne pouvais que l’approcher, c’était tellement évident que le contact était obligatoire, c’était tellement évident que le sexe était superflu voire gênant.
Pourquoi est-ce qu’il sentait si bon ? pourquoi le temps ne s’est pas arrêté sur cette nuit pour durer 100 ans ? était-ce le fin d’une période ? était le début d’une autre ? pourquoi les autres n’ont plus beaucoup d’importance ? Où vais-je trouver le temps de l’insérer dans ma vie ? Vais-je l’insérer dans ma vie ? Cette question, en fait, je crois qu’elle ne compte pas.
Tous les pourquoi et les comment n’ont, ce soir, aucune importance, il ne reste plus que le moment et toi. Je voulais m’approcher de toi et te toucher, c’est toi qui est venu te blottir et tu m’a touché. Mon carnet de bal ne me sert plus à rien, il y a déjà ton nom sur les prochaines pages. M’invitera tu à danser aussi souvent que je le souhaite ?
C’est parfois simplement évident. Je viens de te quitter et j’aimerai ne pas être parti. Je suis seul dans mon lit alors que je devrais être encore serré dans tes bras. J’ai hâte déjà d’être à demain.
31 octobre 2008
Et le skyblog se fit vocal
Lui : short baggy rouge brillant (même en pleine nuit) et sweat trop large avec capuche et têtes de mort… à quelque chose comme 25-26 ans (quand même !!! au niveau de la voix, on aurai dit un pré-ado qui force).
Elle : ben j’en sait rien, j’étais pas des 2 côtés du téléphone…
La retranscription en langage SMS d’une conversation est un exercice somme tout un peu périlleux mais c’était le seul moyen de rendre sa juste sonorité à la conversation entendue (subie ?).
Moments choisis :
Lui : nan mé tu kompran si j’oré voulu axéléré les chos, j’oré fé se kil fo é en fait les chos oré été + vite [ note du traducteur : !!! CQFD ]
Elle : …
Lui : nan mé j m’en fou des gens, ils konés aps ma vie é ils on aps a la konetr [ note du traducteur : dans ce cas mon gars, soit sympa, ne crie pas ta vie à qui veux l’entendre dans ton téléphone, surtout, à minuit et demie…]
Elle : …
Lui : nan mé aten [note du traducteur : on appréciera l’utilisation systématique de l’expression « nan mé… » en début de phrase] ok c sexuel entre ns, mé pas ke, é toi tu m’parle 2 flirt.
Elle : …
Lui : ben non, pour moi 1 flirt cé kom 1 by [Note du traducteur : comprendre un « bail », donc là, on rentre dans la partie sémantique de la conversation]. 1 by cé kan ta déjà programmé [wahou, 3 syllabes !!! pardon, je m’égare] la f1, cé juste pr pas lgtan.
Elle : …
Lui : wé ben di toi ke lé doutes ke tu a, ben moi osi j lézé u oci, les mêmes. Vs les filles vs ê ttes pareil vs pensé ke vs ê les seul à avoir des doutes. Mé ns les mecs, on é pareil, on a les mêmes doutes.
Elle : … (bon OK, elle est pas très loquace, mais comme je l’ai déjà dit j’étais pas des 2 côtés du téléphone)
Lui : nan mé je koné 1 fille, tu va voir c déguelace, en fait el a atendu + 6 mois ac son mek et en même tan, elle c fét b* par tt les mek du kartié. E el dit qu’el é fidel… [Note du traducteur : j’ai censuré, mais je pense qu’on comprends bien l’idée]
Elle : …
Etant en pleine montée, le jeune homme était assez essoufflé, et donc loin derrière, je n’ai, malheureusement, pas pu profiter plus des malheurs de ce pauvre jeune homme. Quel dommage !!! c’était assez intéressant au bout du compte kom conv… oups pardon, comme conversation (le SMS me gagne). Ca m’a permis de rire quelques instants, non pas de son infortune mais plutôt d’entendre parler un skyblog… (sans les « kikou-dtc-lol-mdr », c’est vrai !)
Si j’ai passé 5 minutes à me repaître des (non-)aventures du jeune homme, je ne me moquais pas pour autant. J’ai juste goûté à sa juste valeur l’ironie de celui qui voulait rester discret sur sa vie en la hurlant en pleine nuit dans un téléphone, pour faire comprendre à une demoiselle qu’il a des sentiments pour elle en ne lui parlant que de cul et, si j’ose, qui a noirci cette nuit de l’encre de son verbe alors qu’un effaceur eut été plus indiqué (en toute modestie, bien sûr J).